Le Canal du Midi (2/30), de Toulouse à Carcassonne (2012) (2/9) : la ville rose et les environs

Canal du Midi (2012-2018) : de l’écluse du Béarnais à l’écluse de Castanet.

Voici le 2ème article sur le récit de ma promenade à vélo  le long des canaux du Midi, de Jonction et de la Robine , couvrant le trajet entre l’écluse du Béarnais et l’écluse de Castanet (Canal du Midi).

Je poursuis ma progression à vélo sur Toulouse et longe l’écluse du Béarnais (1er ouvrage du Canal du Midi, d’une altitude de 135 m, au km 1.044, à bassin simple. Année de construction, 1669, remaniée en 1978), conçue sur le modèle des bajoyers droits, comme pour toutes les écluses sur la ville, les deux écluses sur le tracé du canal neuf à Béziers après le pont sur l’Orb et l’écluse de Prades en Agde (qui est plutôt une porte de garde).
A mon avis, l’architecture du bâtiment éclusier n’est pas vraiment ce que l’on pourrait attendre d’un ouvrage tricentenaire conçu à une époque ou l’on savait allier esthétique et fonctionnel.

Lundi 13 août 2012.

Lundi 13 août 2012.

Voici la liste des ouvrages, hors écluses sur le parcours évoqué dans cet article : Le pont des Minimes, 1669, reconstruit en 1969, évoqué plus loin dans le récit. La passerelle des Negreneys, 1892 et reconstruite en 1958. La passerelle du Raisin, 1979. La Gare Matabiau, 1856, remaniée en 1906 puis postérieurement selon les besoins des époques modernes et qui connaitra de nouvelle transformation au moment de la construction de la ligne TGV Bordeaux-Toulouse et de la construction de la ligne de tramway le long du Canal du Midi. Le pont Riquet, 1845. Le pont du Cimetière, 1907. Le pont de la Colombette, 1874. Le pont Guilhemery, 1683 et remanié dans les années 70. L’emplacement de l’ancien port St Etienne de1708 aujourd’hui disparu. Le pont Montaudran, 1683, remanié en 1976. Le Port St Sauveur, 19ème siècle. La passerelle des Soupirs, 1906. Le viaduc Montplaisir, 1860, remanié en 1953, le pont des Demoiselles originellement construit au 17ème siècle et remanié en 1971, la passerelle du Rangueil, 1961. Le pont-canal des Herbettes, 1984, qui enjambe l’autoroute périphérique. Le pont Paul Sabatier, 1968. Le pont Latécoère, 1977, le port technique et l’aqueduc à siphon de Sainte Agne, 1766. Le pont du Madron (ou Mange pommes), 17ème et 18ème siècle. Le Port Sud (marina de Ramonville Sainte Agne), 1960, et l’aqueduc de Madron, 1960.

La modernisation du canal au début des années 70 (du tout béton et des échangeurs routiers) sur la ville rose a été loin de répondre au concept du Beau, lapidairement parlant, comme vous pourrez le constater sur les ouvrages suivants. Je suis prêt à parier que s’il avait été classé Patrimoine Mondial de l’UNESCO, nous aurions sans doute avoir eu la satisfaction de longer des bâtiments avec plus de cachet. Nous avons cependant échappé au pire dans la mesure ou, selon les souhaits maire de l’époque, Louis Bazerque, sans doute grisé par la frénésie bétonnière d’alors, tout comme son collègue Louis Pradel à Lyon, il avait été question de … concevoir une autoroute urbaine dans le lit du canal, comme cela avait été envisagé aussi sur le Canal Saint Martin à Paris.

Cependant, il faut reconnaître aussi que la remodélisation de la voirie a été accompagnée d’un volet végétatif, qui valorise la voie d’eau sur la ville, à l’exception des passages sous certains ponts. Ce deuxième bief (du Béarnais) est d’une longueur de 0 km 951, altitude 135 m.

Lundi 13 août 2012.

Lundi 13 août 2012.

Voici la 2e écluse du canal, l’écluse des Minimes, à bassin simple (anciennement à bassins doubles), 1669, remaniée en 1978, située dans le quartier éponyme, dont la reconstruction a permis de mettre à niveau les 2 biefs suivants (Minimes, 1 km 260 et Matabiau, 0 km 283). Elle s’élève à 139 m, au km 1.995.

Il est à noter que le canal traverse un secteur fortement urbanisé alors qu’une centaine d’années avant, les lieux évoquaient plutôt la campagne, comme on peut s’en rendre compte sur des cartes postales anciennes. On ne peut que regretter la disparition d’un élégant pont, d’une architecture comparable avec celle du Pont Neuf à Castelnaudary.

Lundi 13 août 2012.

Je longe ce 3e bief  en progressant vers l’Est sur un secteur végétalisé à partir de 1975. En une quarantaine d’années, les arbres ont atteint une hauteur suffisante permettant une projection d’ombres qui rend la promenade agréable.

Lundi 13 août 2012.

J’approche maintenant de l’ancienne écluse Matabiau, autrefois à bassin simple, qui a perdu sa fonction de mise à niveau grâce, sans doute, à laquelle le bâtiment et la  plaque  on été conservés. Son altitude est de 143 m, située au km 3.255. J’ai cru pendant quelques temps que c’était la 1ère plaque éclusière du Canal avant que je ne découvre par hasard celles des écluses des Minimes et de Bayard au moment d’un séjour sur Toulouse en mai 2013.

C’était autrefois le 4e ouvrage à franchir.  J’ai pris soin d’éviter de prendre en photo des sans abris qui semblent en avoir choisi ses abords pour se retrouver. Le Canal, ce n’est pas seulement le tourisme et les loisirs, mais également un point de repère pour plus démunis et pas que sur Toulouse … mais aussi à d’autres endroits, au bord et sur l’eau (bateaux abandonnées squattés ou habités,  plus ou moins entretenus par des marginaux qui, par obligation ou par choix, tentent de s’y faire une petite place).

Le court bief de 0 km 283 qui suit me mène tout naturellement à la dernière écluse sur Toulouse, 3e ouvrage à franchir par les navigants, à bassin simple (autrefois à bassins doubles), d’une altitude de 145 m et située au km 3.538, devant laquelle se dresse majestueusement la gare Matabiau, construite en pierres de Saintonge, matériau jugé plus noble que la brique. Il est a noter que la relative étroitesse du Canal du Midi sur certains de ses tronçons sur la ville répondaient tout simplement à des soucis de réduction de coûts de construction.

Dimanche 12 août 2012.

Dimanche 12 août 2012.

Dimanche 12 août 2012.

Je m’engage maintenant à vélo sur le 4e bief, le bief  Bayard, long de 12 km 177 en direction de l’écluse de Castanet, qui traverse les communes de Toulouse, Ramonville Sainte Agne, Auzeville Tolosane et entre dans le Lauragais à Castanet Tolosan. Ci dessous, ce que l’on peut voir au départ de l’écluse. On distingue en arrière plan la statue de Riquet, qui tourne le dos à son canal, exécutée par le sculpteur Griffoul Dorval en 1838.

Lundi 13 août 2012.

Avant d’arriver sur le port St Sauveur, je découvre de nouveau une esthétique bétonnière, en passant sous un pont avec échangeurs, là ou se situait l’ancien port Saint Etienne. Le bâtiment des archives du Canal et des VNF se trouvent dans un bel édifice, au milieu de constructions cubiques,  surtout celles des années 60 et 70, qui ne présentant pas un grand intérêt architectural, du moins de celui que l’on serait en droit d’espérer découvrir au bord d’un cours d’eau tricentenaire (pourtant, nous sommes à proximité du Grand Rond et l’élégant Palais Niel !).  Fort heureusement, pour relever le niveau, et sans doute après une prise de conscience des architectes et des urbanistes, la restauration des bâtiments de la capitainerie et des pompiers élégamment pourvus d’un revêtement alternant galets et briques renouent avec la volonté d’embellir le cadre de vie. Autrefois se situait ici le point de départ et d’arrivée de la barque de la poste à destination ou de départ d’Agde et Sète (4 jours de voyage, ce qui était exceptionnel au 17ème siècle).

Lundi 13 août 2012.

De nouveau une élégante voie verte ombragée de platanes s’offre à moi sur ce secteur de la ville, en direction du pont des Demoiselles et plus conforme à l’esprit originel du cours d’eau. Je me suis laissé entendre dire que la protestation des habitants, dans doute effrayés par l’importance des travaux en aval, avaient protesté et finalement obtenu gain de cause. Voici le magnifique édifice  » néo-mauresque du musée Georges Labit, abritant des collections d’Art Asiatique, qui borde le Canal, au milieu du très agréable quartier Saint Aubin.

Lundi 13 août 2012.

Lundi 13 août 2012.

Je franchis le pont canal des Herbettes qui enjambe l’autoroute périphérique et pénètre sur un secteur plus champêtre, du moins, pour le moment.

Lundi 13 août 2012.

Ci dessous, contrairement à ce que j’ai cru au départ et après vérification, je me trouve toujours sur le territoire de la capitale administrative de la région.

Lundi 13 août 2012.

C’est au parc Technologique du Canal que je quitte définitivement Toulouse pour entrer sur la commune de Ramonville-Sainte-Agne. J’aurais l’occasion de voir tout au long de mon parcours quelques tags, surtout sur des ouvrages et bâtiments contemporains. Sur les 2 vue du bas, un des bassins et le pont que traverse la piste cyclable avant qu’elle n’emprunte un ouvrage qui lui permet de descendre en colimaçon.

Lundi 13 août 2012.

Lundi 13 août 2012.

Lundi 13 août 2012.

J’approche maintenant du pont Mange Pommes (ou du Madron), à la dénomination fort sympathique pour me diriger vers la marina de Ramonville Sainte Agne.

Lundi 13 août 2012.

Lundi 13 août 2012.

Maintenant je ne suis plus très loin de la prochaine écluse. Il me reste à traverser la dernière commune du pays Toulousain, Auzeville Tolosane avant d’entrer dans le Lauragais. Je croise un bateau grue permet de déposer des troncs d’arbres après élagage. Malheureusement, cet engin est très utile aussi pour la coupe des platanes atteints du chancre coloré. Sa présence ici signifie t’elle que ce fléau a frappé dans ce secteur !?

Lundi 13 août 2012.

Je pénètre sur la commune de Castanet Tolosan et change de pays naturel. Voici l’ouvrage qui marque la fin des 12 km 177 du 4e bief que ces plaisanciers vont emprunter. Le Canal traverse le pays Toulousain sur une quinzaine de km ponctué par 3 écluses (en données 2012).

Lundi 13 août 2012.

Avant de refermer ce billet, je vous invite a visionner l’ensemble des photos de mon trajet ici.

C’est tout … pour le moment !!!

 Nicolas.

Retour sur la liste des  articles consacrés à ma randonnée à vélo.

2 versions de la chanson de Nougaro, en concert, ici et enregistrée en studio, .

Retrouvez mes photos de toutes les écluses du Canal du Midi sur cette carte.

Mes photos de tous les biefs et toutes les écluses du canal, sur ce lien.

Un article pictural d’Alain Marc sur Toulouse.

Autres sites :

Le site du Canal des deux mers à vélo.

Le site Vélo-Canaux-Dodo.

Une de mes aquarelles sur un bâtiment tagué aux abords du pont Mange-pommes.

—aa

Le Canal du Midi (1/30), de Toulouse à Carcassonne (2012) (1/9) : au commencement à l’Ouest

Canal du Midi (2012-2018) : Embouchure et 1e bief.

Voici le 1er article sur le récit de ma promenade à vélo  le long des canaux du Midi, de Jonction et de la Robine, couvrant le trajet entre le Grand Bassin et la 1ère écluse (Canal du Midi).

Longer le Canal du Midi d’un bout à l’autre est un désir qui me traverse l’esprit depuis l’âge de 16 ans et j’ai donc opté pour la « petite reine » et me suis inscrit auprès de Rando Vélo.

Mes étapes auront été les suivantes : Toulouse, Montesquieu Lauragais, Castelnaudary, Carcassonne, Homps, Narbonne, Nissan lez Ensérune , Agde (avec aller retour Agde / Phare des Onglous).

Les photos auront été prise en majorité pendant mon trajet à l’exception de certaines prises pendant des répérages antérieurs et d’autre prises les années qui suivront.

Armé aussi de mes crayons et pinceaux, j’ai réalisé aussi quelques aquarelles, dessins et peintures, que vous pouvez voir sur des publications sur ce blog. Je vous invite à lire l’article que m’a consacré le carnettiste peintre aquarelliste voyageur Alain Marc Carrière à ce sujet.

C’est donc parti pour une traversée le long d’un cours d’eau composé de 62 biefs navigables, 63 écluses à franchir, un bief et une écluse désaffectés, ainsi qu’une écluse commune à 3 canaux mais qui n’est plus franchissable par ce qu’enterrée. C’est à travers plusieurs récits que je vais vous raconter tout cela ( le Canal du Midi proprement dit, sans oublier le Canal de Jonction de la Robine et le Canal de la Robine).

Le Canal du Midi traverse la grande région administrative de l’Occitanie, 3 départements (la Haute-Garonne, l’Aude et l’Hérault, auxquels il faut ajouter le Tarn ou se trouvent  les rigoles d’alimentation et les bassins de retenue qui permettent d’amener l’eau nécessaire au Seuil de Naurouze), 64 communes, et 7 pays naturels qui sont : l’agglomération Toulousaine, le Lauragais, le Carcassonnais, le Minervois, le Narbonnais, le Biterrois et le Bassin de Thau. Il marque à certains endroits la frontière entre ces pays et frôle le Cabardès et les Corbières.

Le bassin de l’Embouchure, ou tout commence, était autrefois non seulement un port vinaigrier, mais aussi un lieu d’embarcation de bateaux de promenades touristiques. La construction du périphérique dans les années 70 ainsi que le renforcement des voies routières autour du bassin rendent les accès au site plus difficile aux piétons, ce qui explique sans doute que cet endroit n’est plus vraiment un lieu de promenade, autrement dit, on est en droit d’en espérer une autre approche là ou … a été posée la première pierre du Canal du Midi en novembre 1667.
On devine en arrière plan l’écluse de Garonne qui n’est plus franchissable depuis qu’elle a été couverte par un parking. Pourtant, elle permettait de quitter ou regagner le fleuve selon le sens  pour les navigants qui empruntaient le Canal de Brienne ou qui en venaient afin d’éviter la Chaussée du Bazacle, passage délicat sur la Garonne.

Je décide de faire le tour du bassin pour essayer de m’imaginer à quoi il pouvait ressembler du temps ou cette fameuse écluse fonctionnait encore. Je m’approche donc de l’endroit de son emplacement supposé, découvre la présence de portes éclusières et ne peux que regretter le manque certain de mise en valeur du lieu.

Lundi 13 août 2012

Je me dirige ensuite vers les 3 ponts et découvre l’endroit le plus intéressant de ce bassin. Deux d’entre eux, à droite et au centre,  ont été construits par Joseph-Marie de Saget, ingénieur des travaux publics de la province de Languedoc entre 1770 et 1775. Le dernier pont, à gauche a été ajouté en 1844. Cela n’a pas été du tout un prétexte pour rebaptiser l’endroit « Ponts Triplets ».

A gauche, le Canal de Garonne (le plus récent), au centre, le Canal du Midi, à droite, le Canal de Brienne, créé de manière à permettre aux transports fluviaux d’emprunter un itinéraire latéral à un fleuve parfois imprévisible.


Lundi 13 août 2012

Entre le pont à droite et celui du centre, un bas relief en marbre de Carrare réalisé entre 1773 et 1775 par l’artiste toulousain François Lucas.

Jeudi 19 août 2010

Il s’agit d’une allégorie : tout à gauche se trouve le canal représenté par un homme barbu, à sa droite deux jeunes génies, équipés de pioches, construisent une écluse. Au centre, la province de Languedoc tient le gouvernail d’une barque frappée aux armes de la province. Par un geste de commandement, elle ordonne au canal de recevoir les eaux de la Garonne, l’autre personnage féminin de cette fresque. Celle-ci, tenant une corne d’abondance, encourage un génie laboureur à stimuler ses bœufs pour tracer un sillon en Lauragais. En arrière plan on distingue une voile de bateau et les toits de Toulouse.

Après avoir fait le tour du bassin, j’entre dans le cœur du sujet en entamant mon trajet le long du premier bief, non sans être allé jeter un coup d’œil sur le Canal de Brienne et son élégante enfilade de ponts.

Jeudi 19 août 2010

Je longe donc le 1er bief appelé aussi bief de l’Embouchure, sur la piste cyclable asphaltée sur la rive droite, le long d’une rangée de platanes qui ne semblent fort heureusement pas atteints par la maladie du chancre coloré (du moins, pour le moment !!!).

Lundi 13 août 2012

Je me dirige vers la 1ère écluse que je finis par atteindre au bout de 1 km 044 (distance depuis l’emplacement de l’ancienne écluse de Garonne).

Lundi 13 août 2012

L’architecture de cette écluse se réfère à l’esthétique bétonnière du XXe siècle et non à celle en vigueur du temps de Riquet, époque, je le rappelle, ou l’on savait joindre l’utilitaire au désir de « faire du beau ». D’importants travaux ont eu lieu dans les années 70 dans le souci d’adapter les ouvrages au Gabarit Freycinet, afin de rendre le canal plus compétitif sur du transport des marchandises. Cela n’a pas empêché le déclin de cette activité, pour pratiquement disparaître à partir de 1982. C’est ce qui explique l’abandon des travaux prévus sur tout le Canal. Aujourd’hui, seules les ouvrages sur le versant Garonne et jusqu’à l’écluse d’Ayguevives, d’une part, et à l’autre extrémité vers le Phare des Onglous, d’autre part, ont été mises à ces normes. Fort heureusement, l’activité batelière de tourisme a remplacé l’activité initiale et permet aujourd’hui de garder le Canal du Midi bien vivant, mais, aux dires de certains, insuffisamment entretenu.

C’est tout, pour le moment !!!

Nicolas.

Retour sur la liste des  articles consacrés à ma randonnée à vélo.

Retrouvez mes photos de toutes les écluses du Canal du Midi sur cette carte.

Mes photos de tous les biefs et toutes les écluses du canal, sur ce lien.

Mon site (travaux graphiques et infographiques).

Une de mes aquarelles sur le bas relief de Lucas aux Pont-Jumeaux.