Robert Mornet : construire un bateau dans les Cévennes

Une interview de Robert Mornet réalisée à Sallèles d’Aude, le 28 juillet 2020. L’enregistrement a été réalisé par Stéphane Kowalczyk et Michel Sidobre.

Cette publication est consacrée à une interview d’un personnage emblématique et incontournable du Canal du Midi, Robert Mornet qui nous évoque ici les raisons qui lui ont donnée envie de construire son bateau, mais pas que.

Il nous explique notamment ce que signifie un poste. C’est le temps de travail d’un cheval qui tire un bateau et cela correspond à 4 lieues soit 15,2 km environ, d’où l’appellation de cette embarcation, qui était tirée, à l’origine, par des chevaux.

Voici donc la vidéo réalisée par Stéphane Kowalczyk et Michel Sidobre.

Espérons que sa vision sur l’approche du Tourisme dans le futur, vis à vis des canaux et du Canal du Midi en particulier, soit entendue .

Une précision qu’il n’explique pas ici mais dans d’autres interviews : tout le monde pouvait monter à bord sauf le bourreau.

Nicolas globe croqueur.

La barque de poste 1818 en aquarelles, 2015

Lors d’une « petite virée » sur le Canal du Midi en mai 2015, avec, au programme, marche à pied et pauses dessins et aquarelles, j’ai le plaisir de vous présenter quelques travaux ayant comme sujet, la réplique d’une barque de poste 1818, construite au Cayrol par Robert Mornet et qui navigue régulièrement, surtout du côté du Somail, de Capestang et d’Agde (le plus souvent mais pas seulement).

Mon ami Jean-François a écrit sur ce blog un article à ce sujet et je vous en donnerai le lien en fin de récit

Ci dessous, 3 lavis  (technique picturale consiste à n’utiliser qu’une seule couleur et d’obtenir des nuances en diluant plus ou moins l’encre, ou l’aquarelle) représentent l’embarcation au Somail, à l’Épanchoir du Gailhousty (rencontre de 2 références patrimoniales d’exception, selon moi), et amarrée à Capestang, un de ses port de prédilection (en données 2015).

Les barques de poste n’acheminaient pas de courrier (il ne s’agissait pas de « barques postales », comme j’ai pu le lire sur un ouvrage !!!), mais des passagers, et sur le Canal du Midi, ça se passait entre Toulouse, Agde et Sète. Cette voie de communication était bien plus rapide que la diligence. Cela a duré jusqu’à l’avènement du chemin de fer à partir du milieu du XIXème siècle. Le terme « poste » correspondait à une unité de mesure.

En proue de l’embarcation se trouvait la première classe, puis la seconde classe. La poupe était dotée d’un toilette, comme vous pouvez le voir ci dessous (version jour et version nuit).

Il faillait 4 jours pour relier Toulouse à Agde mais les passagers transitaient d’une embarcation à l’autre à partir d’une écluse à bassins triples, aux dînées et aux couchées, cela afin d’économiser de l’eau. Les bagages, placés au dessus étaient chargés et déchargés autant de fois que nécessaire.

Dans le sens Toulouse-Agde, le départ se faisait au port, pour atteindre l’écluse de Négra, la première dînée, puis l’écluse de Saint-Roch, à Castelnaudary, pour la première couchée. L’écluse de Béteille, marquait l’arrêt de la seconde dînée, l’écluse de Trèbes, la couchée, La Redorte, pour la troisième dînée, Le Somail, pour la couchée, l’escalier d’écluses de Fonsérannes à Béziers, pour la quatrième dînée et enfin, Agde, pour la dernière couchée. La barque naviguait à une moyenne de 8 km/h. A noter que, avant 1856, la correspondance entre l’escalier d’écluses et l’écluse notre Dame qui menait le canal sur l’Orb, soit environ 1 km, s’effectuait … en diligence.

L’embarcation était tirée tout d’abord par des chevaux, puis sont apparues des Barques de Postes motorisées ce qui contribua à raccourcir les durées de trajets.

A ce propos, une des seules concessions au monde moderne de la part du concepteur de la barque est l’ajout d’un moteur.

Ci dessous, deux vues de l’embarcation à Capestang, à proximité du pont de Piétat, datant du XIXe siècle. La première aquarelle est une version couleur d’un lavis visible en début d’article.

De nombreuses visites de la barque sont possible (sorties scolaires etc…) ainsi que de la navigation sur des sections du Canal du Midi. Robert se fait un plaisir à chaque fois d’honorer ce symbole du patrimoine.

Ainsi s’achève ce récit graphique sur la Barque de Poste 1818.

C’est tout, … pour le moment !

Nicolas.

Un petit film de Roger Closset de 2016 , vidéaste belge, intitulé

« J’ai rencontré Robert Mornet ».

Autres vidéos sur cette embarcation :