Le Canal du Midi (20/31), le Canal de la Robine (2012-2014) (3/4) : de la sortie de Narbonne à l’écluse de Mandirac

Voici le 3ème article sur les 4 que je vais consacrer au trajet que j’ai effectué le long des 31 km Canal de la Robine à bicyclette les mercredi 27 et jeudi 28 août 2014, par un temps ensoleillé. Ici, il va être question du trajet entre la sortie de Narbonne à l’écluse de Mandirac sur lequel je vais découvrir une culture que je ne m’attendais pas à voir, croyant qu’elle n’existait qu’en Camargue. C’est aussi le 20ème article consacré aux récits de mon trajet à vélo.

Je dédie ce récit à ma cousine Paulette, qui connaissait un peu l’endroit, qui suivait assidûment mes écrits depuis « Le bassin de l’Embouchure et 1er bief » et m’encourageait dans mes démarches.

Je souligne également que le trajet que je vais emprunter jusqu’à Port la nouvelle peut se confondre avec deux itinéraires :

L’itinéraire de l’Eurovélo 8 Cadiz-Athènes, et plus particulièrement le trajet de Port la Nouvelle à l’avant dernier pont avant le Phare des Onglous, sur le Canal du Midi, à Marseillan, le Pont du Maire, via Narbonne, Sallèles d’Aude, l’embranchement du Canal du Midi et de Jonction de la Robine (photo ci dessous), Argeliers, Capestang, Poilhes, Colombiers, Béziers, Marseillan.

Un des nombreux parcours des Chemins de Saint Jacques de Compostelle, sur le même trajet cité dans le précédent paragraphe, par une variante du chemin appelé « piémont pyrénéen », pour les pélerins qui viendraient d’Arles et choisiraient de passer par Perpignan. A ce sujet, la fameuse coquille sera bien présente sur certains panneaux.

Sur la photo ci dessous en bas, un tracé rectiligne fait place ce qui était autrefois une courbe, quand le cours d’eau n’était pas encore un canal.

jeudi 28 août 2014

Des sections arborées et non arborées alternent sur ce parcours au bord d’un canal que l’on pourrait assimiler à un cours d’eau naturel, ce qui est un peu normal pour un tracé qui emprunte un ancien lit de l’Aude, puis de la Robine.

Deux panoramiques intéressants à relever;

-Le Mont Canigou, sommet emblématique des Pyrénées Orientales et qui marque la frontière entre la France et l’Espagne, et qui nous invite à voyager vers de nouvelles contrées.

-La cathédrale de Narbonne, les tours Saint Martial et de la Madeleine, le donjon Gilles Aycelin, avec, en arrière plan, la Montagne Noire sur son versant Sud-Est.

La rencontre d’un groupe de jeunes allemands pratiquant le canoë et le kayak, en provenance très certainement de l’écluse en aval, rapelle la vocation touristique du canal

jeudi 28 août 2014

jeudi 28 août 2014

J’aurai l’occasion aussi de découvrir, au bord du chemin, une tente igloo dans une petit espace cloturé avec un jardin potager bien tenu, très certainement habité par un sans abris désireux de personnaliser son « espace » et, surtout, de pouvoir se nourrir de ses salades et de ses quelques autres légumes récoltés par ses soins.

jeudi 28 août 2014

Me trouvant toujours sur la commune de Narbonne, j’approche du site de Mandirac et je retrouve le symbole d’une coquille qui rappelle que je me trouve sur l’itinéraire des chemins de St Jacques de Compostelle, évoqué plus haut.

jeudi 28 août 2014

Parmi les différentes embarcations présentes sur le lieu, j’attire votre attention sur les photos à droite dans lesquelles je découvre une barque de patron, et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de la « Marie-Thérèse » qui a connu une histoire mouvementée.

Après des années de bons et loyaux services, à transporter des tonneaux, ou plutôt des demi-muits (unité de transport du vin) sur le Canal du Midi, un sétois lui offrit une seconde vie en l’exploitant tour à tour en boite de nuit, puis en restaurant. Amarrée dans la ville de Georges Brassens, elle coula avant que le Conservatoire du littoral aidé par les VNF envisage de restaurer ce très probable dernier exemplaire de barques du Midi.

De 1998 à 2003, elle sera restaurée par une équipe de jeunes en réinsertion grâce à divers fonds publics, privés, régionaux etc…

De nouveau apte à naviguer en 2002, elle a longé le Canal de la Robine vers l’Aude, traversé Narbonne pour se diriger vers Sallèles d’Aude avant de revenir sur Mandirac, et qui s’y trouve toujours, en 2014.

A l’origine, c’était la Barque N°7, construite au pont des demoiselles à Toulouse en 1855, et exploitée par la famille de patron barquier Denty (sources Yann Pajot, charpentier de marine, un des responsables de chantiers navals associatif  « Les ateliers de la Mémoire » basé sur le site de Sainte Lucie).

jeudi 28 août 2014

Je découvre une culture que je ne m’attendais pas à trouver ici, moi qui croyais que les champs de riz en France métropolitaine n’existaient qu’en Camargue. Cette culture est aussi de nouveau présente sur l’étang asséché de Marseillette près de Canal du Midi entre Trèbes et La Redorte.

L’alimentation de ces champs par des rigoles reliées au cours d’eau souligne ici la vocation agricole du canal.

Sur la photo ci-dessous en bas, l’embarcation en cale sèche et en restauration (en données 2014 et 2015) est une goélette mallorquine construite en 1916 aux Baléares et, classée Monuments Historiques par l’Etat Français en 1988.

Le « Miguel Caldentey », a été repêché dans le port de Canet en Roussillon et est en cours de restauration dans le but de lui permettre de refaire du commerce à la voile en accueillant douze personnes en navigation sur le bassin méditerranéen et en Europe du Nord (sources Yann Pajot, charpentier de marine, un des responsables de chantiers navals associatif  « Les ateliers de la Mémoire » basé sur le site de Sainte Lucie).

Espérons donc que cette embarcation connaisse le même avenir que la réplique de l’ « Hermione », navire sur lequel Lafayette est parti en Amérique en 1780.

jeudi 28 août 2014

Me voici rendu maintenant sur la quatrième écluse du canal, l’écluse de Mandirac, à bassin simple.
Quelques vues de l’ouvrage en amont, de la maison et de la plaque.

La construction de cet ouvrage, précédé d’un épanchoir, a permis de remplacer la boucle qui existait auparavant et de rendre plus rectiligne le canal.

jeudi 28 août 2014

Au niveau du bassin de l’écluse, une ancienne école occupée par un club d’aviron et en aval des portes éclusières, sur la rive droite, une buvette … fermée ce jour.
Ici commence le bief de Sainte Lucie qui serpente le long de cinq étangs (Bages, Sigean, de la Sèche, du Charlot sur la rive droite, de l’Ayrolle et de la Berre, sur la rive gauche).

Se trouvent, pas très loin de l’écluse la Tour Barberousse, les étangs de Gruissan, de Mateille, et de Grazel.

jeudi 28 août 2014

Ainsi se termine ce récit .

C’est tout, … pour le Moment !

Nicolas.

Retour sur la liste des  articles consacrés à ma randonnée à vélo

Retrouvez mes photos de toutes les écluses du Canal du Midi sur cette carte.

Mes photos de tous les biefs et toutes les écluses du canal, sur ce lien.

Un article à propos des barques de patron et de la Marie-Thérèse en particulier.

Un lien à propos de la « Marie-Thérèse » sur le site « Histoire et patrimoine des rivières et canaux« 

Un article sur les eurovélos du site « Les roues de Jude ».

Le site du Canal des deux mers à vélo.

Le site Vélo-Canaux-Dodo.

Et en « bonus »

Le site FloChloandCo (randonnées à vélo à travers l’Europe) sur le récit d’un voyage à vélo d’un couple avec des enfant en bas âge sur l’Eurovélo 6.

Un article du blog « Benoblog » avec une petite vidéo.

Retrouvez quelques unes de mes photos accompagnant les articles de Jean-Pierre Lagache, un amoureux du département de l’Aude, sur ces liens consacrés à Narbonne : 1ère partie, 2ème partie, 3ème partie, 4e partie, 5e et dernière partie.

Une de mes aquarelles.

Auteur : Nicolas Dürr

Dessinateur, aquarelliste, peintre et photographe, je vous fais partager mes créations graphiques et numériques sur ce blog.

16 réflexions sur « Le Canal du Midi (20/31), le Canal de la Robine (2012-2014) (3/4) : de la sortie de Narbonne à l’écluse de Mandirac »

  1. De belles perspectives en effet sur cette partie du parcours. Outre les panoramiques sur le versant Sud-Est de la Montagne Noire, les tours et la cathédrale de Narbonne, le versant Nord du Mont Canigou, on peut aussi apercevoir Sigean et les Corbières.

    Le site de Mandirac offre un petit cadre champêtre ombragé et agréable.

    Continuez à nous faire rêver avec vos récits.

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  2. Comme d’habitude, un régal de vous lire et d’admirer les photos. J’attends la suite avec impatience. En attendant je vais lire l’histoire de la Marie-Thérese. Bonne continuation, et encore merci de nous faire découvrir autant de choses sur un patrimoine que nous avons à portée de main.

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    1. Merci, Françoise, de votre fidélité.

      Je profite du printemps et de ce mois d’avril ensoleillé pour reprendre le cours de mes articles sur mes randonnées à vélo le long de ces canaux, d’autant plus que je vais bientôt retourner dans le secteur y séjourner.

      Concernant la « Marie-Thérèse », je vais aller vérifier si elle est bien tranformée en musée, comme cela est indiqué dans le lien qui lui est consacré.

      Donc, affaire à suivre.

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  3. Bonjour Nicolas

    Une super ballade, je suis assez époustouflé par la passion que tu mets tant dans les textes que tu publies que par les photos que tu réalises.

    Je viens de faire partager à mon épouse tes pérégrinations de 2013 qui sont plus qu’un loisir, un travail de recherches fait avec passion.

    Toutes nos félicitations.

    Amitiés.

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  4. Attention ! Il ne faudrait pas laisser croire qu’il n’existait que des sapines et autres barques de patron sur le Canal du Midi (et bien sur aussi sur le canal de la Robine), en fait il existait de nombreuses autres barques… J’évoquerai un jour ces nombreuses barques…

    Ceci dit, par ailleurs, j’approuve complètement l’article de mon ami Nicolas !

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    1. Je serais curieux de s’avoir s’il existe d’autres exemplaires d’embarcations anciennes, à part la barque de poste de notre ami Robert ou la barque de patron « Marie-Thérèse ».

      Un de mes grands regrets est de ne pas encore avoir croisé la péniche-rucher (ou le bateau abeille) de Bruno et Mireille Poissonnier.

      Un article visible sur ce lien : péniche rucher

      et un autre ici : Voyages d’abeilles

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  5. En faisant le même parcours que vous j’ai passé la tente igloo un matin. Et au retour son propriétaire était assis devant. Un homme digne , propre et souriant, belle exemple ce monsieur!

    Avez vous des explications sur une stèle de fin 19ème commémorant un peu une noyade d’une jeune femme et de son petit frère??

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    1. Bonjour.

      Moi aussi, cette stèle m’a interpellé, mais je n’ai pas plus d’infos que vous. En revanche, vous avez eu plus de chance que moi pour avoir croisé le propriétaire de la tente igloo. J’aurais aimé le rencontrer et lui poser des questions sur les raisons qui l’on amené a venir vivre à cet endroit. J’ai le souvenir qu’il cultivait aussi un petit jardin potager. C’est un bel exemple, en tout cas, d’un sans abris qui a su garder sa dignité.

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  6. La belle saison étant de retour, et en guise de « mise en bouche » sur mes diverses pérégrinations à venir, je me replonge avec gourmandise, dans vos articles.

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